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Tunisie – la tension pré-urnes monte / pre-election tension rises
Tunisia – 3 days before the first free elections, the tension between Islamists and secularists rises in the arab country that was, on January 14, the first to chase its dictator from power. For the actors of the Arab spring however, backed by secular and progressive forces such as the Green Party of Tunisia (PTV), Sunday’s elections are the continuation of the democratic revolution. But Islamist parties are on the rise.
FTunisie – 3 jours avant les premières élections libres, la tension entre les islamistes et les laïques monte dans le pays qui, le 14 janvier, était le premier à chasser son dictateur du pouvoir. Pour les acteurs du printemps arabe, soutenus par des laïques et progressistes comme le Parti Tunisie Verte (PTV), les élections du dimanche sont la poursuite de la révolution démocratique. Mais les parties islamistes ont le vent en poupe.
Élan démocratique
Ces élections, qui ont pour but d’élire 217 députés pour l’assemblée qui va écrire la nouvelle constitution et mettre en place un gouvernement de transition, montrent d’abord un élan démocratique sans précédent. PTV, le premier à être reconnu comme parti politique, à été suivi par plus de cent autres qui, ensemble, ont soumis 15000 listes avec plus de 10.000 candidats. Le parti, qui a mis beaucoup d’énergie dans la construction d’un seuil de base qui compte maintenant vers 1.500 adhérents, participe avec des listes dans 13 régions. Mais sur le nombre de sièges qu’il pourrait gagner, son fondateur Abdelkader Zitouni ne veut pas s’exprimer.

Le dimanche dernier, 5000 manifestants ont protestés sur l'avenue Mohamed V contre les menaces des barbus
Pendant des mois, les préparations se sont déroulées assez pacifiques. Mais depuis le lancement official de la campagne, début octobre, les tensions montent: attaques fondamentalistes après la diffusion de films critiquant l’islamisme; contre-manifestation sur le boulevard Mohamed V le dimanche dernier.
En tête dans les sondages va le parti islamiste Ennahdha, avec entre 22 et 30 pourcent. Mais faute de cadre légal, la crédibilité des sondages est sujette à caution. C’est pourtant évident que les islamistes, déjà bien organisés et munis de fonds “provenant du Qatar” et de pays similaires, comme l’a dit Abdelkader Zitouni sur GreenYourope, sont parmi les premiers à profiter de la nouvelle liberté.
Instrumentalisés par les pétromonarchies
Selon Vincent Geisser, chercheur de l’institut français du Proche Orient de Beyrouth dans Marianne , ils sont souvent instrumentalisés par les pétromonarchies « qui redoutent par-dessus tout la démocratisation de la Tunisie qui pourrait constituer un extraordinaire modèle de liberté pour l’ensemble du monde arabe ».


